22.02.2012
Eine Publikation der Primus Verlag AG
 
« zurück

Lower East Side, melting pot pour «bobos»

On l’évitait autrefois, on s’y précipite aujourd’hui. Zigzag dans ce quartier tendance de Manhattan.

Empruntez la ligne F du métro et descendez à la station East Broadway. Pour vous préparer au choc visuel brutal des HLM construits après la Grande Dépression dans les années 30 par le maire Fiorello LaGuardia, les «tenements» dès 1838, ces bâtiments de quatre étages où s’entassaient vingt familles, et les maisons de style Classic Revival transformées en lofts de luxe, prenez un café au coin de Rutgers St. et d’East Broadway. Peut-être y rencontrez-vous Bruce Winfield. Courtier en devises étrangères âgé de 58 ans, cet endroit lui sert souvent de bureau et entre deux coups de fil sur son portable, il adore parler. «Je me souviens des années 60 quand le Lower East Side n’était guère fréquentable. La drogue, la guerre des gangs, la misère et l’agression à chaque coin de rue. J’ai survécu et j’ai réussi dans la vie.»

Le Lower East Side était la porte d’entrée de l’Amérique. Un seul chiffre: de 1893 à 1901, la ville recensa 2 millions d’émigrants en provenance d’Europe. Aujourd’hui, après SoHo et Chelsea, c’est l’endroit le plus branché de New York. Un melting pot accompli? On s’y côtoie civilement sans jamais oublier ses traditions ni ses racines. A une encablure, Chinatown s’agrandit, Little Italy se rétrécit et le Lower East Side continue de se parer de toutes les couleurs de l’Afrique, de l’Amérique du Sud, de l’Asie et des Balkans. Sans amertume mais en préférant toutefois conserver son anonymat, un «bobo» de style «WASP» (White Anglo-Saxon Protestant) nouveau dans le quartier constate: «Dans quelques décennies, l’humanité sera brune avec des yeux bridés.»


Gangs et communautés ethniques

«Allez faire quelque pas sur Allen Street surnommée ‹L’Avenue of the Immigrants›. Autrefois, c’était la frontière entre les gangs et les communautés ethniques. Juste une rue à ne pas franchir de part et d’autre. Aujourd’hui, il n’y a aucun risque.»

Suivez le conseil de Bruce Winfield pour l’évocation de l’ambiance survoltée de jadis mais dans l’oubli d’un quelconque intérêt architectural puis continuez par Broome St. pour atteindre Orchard St! Il y a encore quelques petites boutiques tenues par des artisans juifs où l’on peut faire de bonnes affaires dans l’habillement et le linge de maison mais la plupart sont devenues des bars, des galeries d’art et des restaurants à la mode. Au 97 de cette rue se trouve toutefois le Tenement Museum relatant l’existence des habitants de ce quartier au XIXème siècle.


Faites aussi un saut au Essex Market au coin d’Essex St. et de Broome! Le stand des gris-gris y est intéressant. Ce marché couvert ouvert en 1940 avait pour objectif de faire disparaître les marchands déambulants dans les rues au fil des quatre saisons. Enfin, au 173 d’East Broadway se trouve le Jewish Daily Forward Building, l’abri d’un journal socialiste très en vogue autrefois dans ce quartier populaire et miséreux où séjournèrent Castro et Trotski. La statue de Lénine est au sommet du Red Square, un building sis au coin d’East Houston et de l’Avenue A.


Où Harry rencontra Sally

On tourne beaucoup de films dans le Lower East Side et c’est ici que Harry rencontra Sally dégustant un sandwich au pastrami. Souvenez-vous de ce long-métrage, la séquence de l’orgasme mimé par Meg Ryan est jouissive…

Pour découvrir New York en compagnie d’un habitant bénévole: www.bigapplegreeter.org


Claude-Yves Reymond

Auf der gesamten Website suchen nach: